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Incendie OVH : l'action du recours collectif est retardée jusqu'à mi-avril pour permettre à davantage d'entreprises d'en faire partie
Tandis qu'OVHcloud lance des services avec Nutanix et NetApp

Le , par Stéphane le calme

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Une action collective des entreprises qui ont souffert de l'incendie qui a détruit le centre de données SBG2 d'OVHcloud en 2021 a été retardée pour permettre à davantage de clients de se joindre. Ziegler & Associés avait prévu d'envoyer une lettre fin février, énonçant des demandes d'indemnisation aux clients d'OVHcloud dont les entreprises ont été affectées par l'incendie, mais maintient l'action ouverte jusqu'à la mi-avril, car davantage de clients se sont joints. Parallèlement, OVHcloud a enrichi son offre en lançant un service de cloud privé basé sur Nutanix et de stockage objet basé sur NetApp.

Plus d'un an après, OVHcloud n'a toujours pas formellement expliqué la cause de l'incendie. Un rapport des pompiers publié ce mois-ci souligne les défaillances dans le système de sécurité du bâtiment. Le bâtiment n’était notamment pas équipé d’un dispositif de coupure de l’électricité selon ce rapport : « la pérennité de l'alimentation électrique est un enjeu fort pour ce type d'exploitation. La conception intrinsèque de l'activité est faite pour éviter les coupures d'électricité. Deux niveaux de groupes électrogènes sont prévus pour palier une défaillance du réseau. Aucun organe de coupure d'urgence n'existe (choix de stratégie économique de l'entreprise) ».

Les pompiers n'ont pas pu couper l'électricité ni dans le local en flamme ni sur le site ce qui a favorisé la propagation de l'incendie.

Les pompiers évoquent également l'absence de système d'extinction automatique, le site misant sur une détection précoce et une alerte rapide des secours.

Autre défaillance : le fait que la direction d'OVH n'avait pas inscrit le site sur la liste des établissements répertoriés comme sensibles. Enfin, la présence d'une seule bouche d'incendie dans ce quartier du port autonome de Strasbourg.

Néanmoins, OVHcloud a indiqué qu'il ne fournira pas de communiqué officiel tant qu'il n'aura pas obtenu l'autorisation de ses assureurs et des agences gouvernementales.

Ziegler & Associés soutient pour sa part qu'OVHcloud a fait preuve de négligence dans les domaines évoqués dans ce rapport et n'a pas offert de compensation suffisante. Jusqu'à présent, Ziegler rapporte que 130 entreprises se sont inscrites pour son recours collectif, mais a déclaré cette semaine que sa lettre officielle à OVHcloud a été retardée car « de plus en plus d'entreprises » s'inscrivent, et Ziegler évalue une demande spécifique pour chacune d'elles. La lettre de recours collectif est actuellement attendue à la mi-avril.


Les entreprises qui participent au recours collectif contre OVHcloud sont de divers secteurs : comptabilité, marketing, santé et tourisme. Un accord de confidentialité les lie au cabinet Ziegler & Associés. En vertu de ce dernier, leurs noms sont tenus secrets. L’autre dénominateur commun entre ces personnes morales est qu’elles rapportent des pertes de leurs bases de données suite à l’incendie du mois de mars. Le tableau de l’après incendie c’est un acteur du secteur de la santé qui se retrouve sans aucune information associée aux patients ou une entreprise touristique qui ne sait plus retrouver les détails de réservations de ses clients.

En parallèle du recours collectif suite à l'incendie d'OVH à Strasbourg, un groupe du Cac 40 et trois sociétés de plus de 10 000 salariés ont décidé de porter une action de façon individuelle.

Chaque client figurant sur la liste finale verra ses pertes évaluées individuellement, y compris les coûts financiers directs et les dommages causés à leurs marques, avant que Ziegler n'envoie sa lettre. Le cabinet laissera un mois à OVHcloud pour trouver un accord à l'amiable, sous peine de saisir le tribunal de commerce.

« L'objectif est de démontrer que la situation d'OVH n'est plus tenable, et qu'elle devra passer par une discussion amiable si elle ne veut pas un procès perdant », a indiqué Jocelyn Ziegler.

« Les organismes qui ont rejoint le recours collectif en ont assez de la réaction d'OVH. La plupart ont reçu des courriers dans lesquels le groupe indique qu'il se dégage de sa responsabilité ou se limite à une clause de limitation de responsabilité. Ils demandent à OVH de reconnaître le préjudice et les indemniser », a déclaré Ziegler.

Pendant ce temps, les activités normales se poursuivent du côté d'OVHcloud qui a lancé deux autres services.


Un service de cloud privé hébergé basé sur la plateforme cloud Nutanix est conçu pour permettre aux clients de migrer rapidement entre les centres de données privés et le cloud en mettant en place une architecture cloud hybride. Plus tôt ce mois-ci, OVHcloud a également lancé un service de stockage de fichiers d'entreprise optimisé par NetApp.

Le service basé sur Nutanix est préinstallé et offre aux clients un matériel dédié dans l'infrastructure OVHcloud « en quelques heures », afin qu'ils puissent évoluer en fonction des demandes saisonnières ou mettre en place une sauvegarde dans le cloud. Les clients Nutanix peuvent lier leurs services OVHcloud à la Nutanix Cloud Platform. Le service Nutanix s'exécute sur le logiciel d'infrastructure hyperconvergée de Nutanix.

Le service de stockage de fichiers d'entreprise basé sur NetApp est destiné à fournir un service de stockage haute disponibilité aux clients exécutant dans le cloud ou utilisant NetApp sur site. Il est basé sur la technologie de système de fichiers Ontap de NetApp et est entièrement géré par OVHcloud.

Présentation de la solution technique

Rappel sur la définition d’un nœud

Une solution Nutanix est composée de ce que l’on appelle des nœuds. En pratique, un nœud est un ordinateur physique. Sur cet ordinateur, on retrouve :
  • Un disque système ou deux disques systèmes en RAID. Sur ce disque système est installé l’hyperviseur AHV.
  • Un disque SSD ou est stocké la CVM (machine virtuelle qui assure les connexions entre chaque nœud et qui est une composante essentielle de la solution Nutanix). L’espace disque restant éventuellement disponible peut servir pour le stockage de données.
  • D’autres disques SSD ou SAS, avec un coût de licence différent en fonction de la technologie de stockage choisie.
  • Un ou plusieurs processeurs.
  • De la mémoire.
  • Parfois une carte graphique GPU (Graphical Processor Unit).

Dans l’idéal, chaque nœud d’un cluster Nutanix doit être identique. Il peut néanmoins arriver qu’il y ait des différences, notamment lorsqu’un GPU est présent. Cependant, les nœuds qui contiennent du stockage doivent être identiques.

Fonctionnement du cluster Nutanix

Un cluster est créé à partir des nœuds du cluster. Il faut au minimum 3 nœuds pour faire fonctionner un cluster Nutanix.

Lors de la création d’un cluster, tous les disques disponibles sont ajoutés dans ce que l’on appelle un Storage POOL. Nous recommandons de n’avoir qu’un seul Storage POOL.

Pour rappel, la solution Nutanix d’OVHcloud commence à partir de 3 nœuds et peut aller jusqu’à 18 nœuds.

La redondance des données ne se fait pas sur un nœud comme avec du RAID, mais au travers du réseau sur plusieurs nœuds.

Il y a plusieurs niveaux de redondances :
  • RF2: les données sont disponibles sur 2 nœuds, ce qui permet la défaillance d’un nœud ou d’un disque de données sur un des nœuds.
  • RF3: Les données sont disponibles sur 3 nœuds. Cette solution n’est possible qu’à partir de 5 nœuds, elle est plus sécurisée car elle permet la perte de deux nœuds avec une capacité de stockage moindre.

Présentation de la virtualisation

La virtualisation se fait au travers de l’hyperviseur AHV. Cet hyperviseur est intégré sur chaque nœud et ne nécessite pas de licence supplémentaire.

Les ordinateurs virtuels fonctionnent sur un des nœuds et peuvent basculer à chaud d’un nœud à l’autre en fonctionnement normal.

En cas de défaillance d’un nœud, les ordinateurs virtuels redémarrent sur un des nœuds.

Liste des possibilités de connexion à un cluster Nutanix
  • À partir de l’interface WEB Prism Central (machine virtuelle supplémentaire qui possède des fonctionnalités que n’a pas Prism Element et qui permet de se connecter à un ou plusieurs clusters).
  • Sur l’interface WEB Prism ELEMENT (il s’agit en réalité d’une des CVM).
  • En SSH sur le cluster (dans ce cas-là, il s’agit aussi d’une des CVM).
  • En SSH sur un des nœuds du cluster pour des opérations de maitenance sur l’hyperviseur.


Au travers de Prism Central et de Prism Element, il est possible d’utiliser l’interface RESTAPI pour automatiser certaines tâches en ligne de commande.

Sources : Ziegler & Associés, OVHcloud

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Le 28/03/2022 à 9:41
Incendie OVHcloud : vers un accord amiable à 12 M€, le recours collectif contre OVHcloud accentue la pression
et souhaite privilégier la négociation

Dans la nuit du 9 au 10 mars 2021, un incendie s’est déclaré dans l’un des datacenters de la société OVH cloud. Plusieurs entreprises ont été victimes de cet incendie et de nombreux sites internet ont déploré une perte irréversible de leurs données. Que les pertes de données n’aient été que temporaires ou définitives, cet incendie a porté, dans tous les cas, un préjudice économique à plusieurs milliers de sociétés. Le cabinet d’avocats qui porte le recours collectif contre OVHcloud accentue la pression et souhaite privilégier la négociation. Aujourd’hui, les parties se dirigeraient vers un accord amiable à 12 M€.

La CNIL a procédé à la publication d’une note sur son site qui rappelle les règles du RGPD aux propriétaires des sites web affectés par les incidents OVH. S'ils ont perdu des données personnelles, il faut le signaler à l'autorité :

« Suite à l’incendie du 10 mars 2021 ayant eu lieu dans un centre de données d’OVH à Strasbourg, la CNIL rappelle les obligations en matière de notification de violation en cas d’indisponibilité ou de destruction de données personnelles. La destruction de données personnelles (temporaire ou définitive), y compris accidentelle, constitue une violation de données au sens du RGPD. À ce titre, les responsables de traitement qui hébergeaient des données personnelles au sein des infrastructures touchées doivent documenter la violation (les faits, ses effets et les mesures prises pour y remédier) dans un registre tenu en interne. Les sous-traitants doivent informer leurs clients de l'incident afin que ces derniers puissent remplir leurs propres obligations, dont celle de documentation dans le registre des violations tenu en interne par chacun d’entre eux. »


En mi-mars, une action collective des entreprises qui ont souffert de l'incendie qui a détruit le centre de données SBG2 d'OVHcloud en 2021 a été retardée pour permettre à davantage de clients de se joindre. Ziegler & Associés avait prévu d'envoyer une lettre fin février, énonçant des demandes d'indemnisation aux clients d'OVHcloud dont les entreprises ont été affectées par l'incendie, mais maintient l'action ouverte jusqu'à la mi-avril, car davantage de clients se sont joints. Parallèlement, OVHcloud a enrichi son offre en lançant un service de cloud privé basé sur Nutanix et de stockage objet basé sur NetApp.

Plus d'un an après, OVHcloud n'a toujours pas formellement expliqué la cause de l'incendie. Un rapport des pompiers publié ce mois-ci souligne les défaillances dans le système de sécurité du bâtiment. Le bâtiment n’était notamment pas équipé d’un dispositif de coupure de l’électricité selon ce rapport : « la pérennité de l'alimentation électrique est un enjeu fort pour ce type d'exploitation. La conception intrinsèque de l'activité est faite pour éviter les coupures d'électricité. Deux niveaux de groupes électrogènes sont prévus pour palier une défaillance du réseau. Aucun organe de coupure d'urgence n'existe (choix de stratégie économique de l'entreprise) ».

La procédure de recours collectif que le cabinet porte contre OVHcloud s’accélère. Selon des sources, les lettres d’avocat vont être envoyées aux alentours du 15 avril. Au dernier pointage, « plus de 140 entreprises » s’y sont jointes. Préjudice global estimé : 12 millions d’euros… à condition de négocier à l’amiable.

« Si on part en justice, ce chiffre [quadruple] », étant donné les dommages-intérêts et les frais de justice, prétend-on chez Ziegler & Associés. Si, en l’espèce, OVHcloud a plus à gagner à accepter la conciliation, c’est aussi, nous assure-t-on, eu égard à sa cotation en Bourse. Et de nous rappeler, sur ce point, l’effet qu’avait eu la médiatisation d’un rapport du SDIS 67 (Service départemental d’incendie et de secours du Bas-Rhin). Ce rapport avait été rendu public le 22 février sur le portail national de l’Ensosp (École nationale supérieure des officiers sapeurs-pompiers). Voici, ci-dessous, quelques elements importants du rapport :

  • voie engin étroite et par endroits très proche de SBG2 ;
  • risque toxique lié au plomb contenu dans les onduleurs ;
  • sécurité incendie du site : absence de système d’extinction automatique ;
  • Les deux cours intérieures de SBG2 prévues pour le refroidissement des serveurs ont fait office de « cheminées d’incendie. » ;
  • Le datacenter SBG2, que les flammes ont détruit, avec des planchers en bois, accentuant le risque de propagation aux étages ;
  • DECI (défense extérieure contre l’incendie) : réseau en antenne, avec capacité limitée à un hydrant délivrant 70 m3/h à 1 bar ; aspiration dans la darse rendue impossible dans un premier temps par la présence d’un grillage ;
  • alimentation du site difficile à couper, précisément car conçue pour (deux niveaux de groupes électrogènes pour pallier une défaillance)… et aussi du fait d’un « choix économique » : aucun organe de coupure d’urgence. Il avait fallu, à compter du premier appel au CTA, (Centre de Traitement de l’Alerte) près de trois heures pour couper l’alimentation externe du site. Il restait alors encore du courant dans les onduleurs.

Le rapport souligne les défaillances dans le système de sécurité du bâtiment. Le bâtiment n’était notamment pas équipé d’un dispositif de coupure de l’électricité selon ce rapport : « la pérennité de l'alimentation électrique est un enjeu fort pour ce type d'exploitation. La conception intrinsèque de l'activité est faite pour éviter les coupures d'électricité. Deux niveaux de groupes électrogènes sont prévus pour palier une défaillance du réseau. Aucun organe de coupure d'urgence n'existe (choix de stratégie économique de l'entreprise) ».

Et vous ?

Que pensez-vous de ce possible accord amiable à 12 M€ ?

Voir aussi :

Près de 60 entreprises, dont un groupe du CAC 40, demandent réparation après l'incendie d'OVH Cloud. Les procédures sont désormais entamées

Incendie OVH : l'action du recours collectif est retardée jusqu'à mi-avril pour permettre à davantage d'entreprises d'en faire partie
Tandis qu'OVHcloud lance des services avec Nutanix et NetApp


Incendie OVH : absence de système d'extinction incendie automatique et de dispositif de coupure électrique général, le rapport des pompiers souligne des défaillances
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Avatar de Bruno
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 10/06/2022 à 10:28
L'incendie du centre de données d'OVHcloud l'année dernière pourrait être dû à une fuite d'eau,
le BEA-RI ne tire aucune conclusion mais évoque un dysfonctionnement de l'onduleur

Dans la nuit du 9 au 10 mars 2021, un incendie se déclare au sein du centre de stockage de données (ou datacenter) OVH situé sur le port de Strasbourg (67). Le sinistre s’est déclenché au niveau du rez-dechaussée du bâtiment SBG2 et s’est rapidement propagé à tout le bâtiment, impactant également les bâtiments voisins SBG1 (détruisant partiellement 4 salles sur 12) et SBG3 (impactant l’inter-bâtiment entre SBG2 et SBG3). Les conclusions du Bureau d'enquêtes et d'analyses sur les risques industriels (BEA-RI) font allusion à une cause possible, une fuite d'eau sur un onduleur, tout en précisant que la cause n'a pas été déterminée de manière concluante.

Si l’incendie a pu être maitrisé après coupure du réseau électrique et intervention d’un bateau pompe, les dégâts causés étaient déjà considérables. Selon des sources publiques, environ 3.6 millions de sites internet correspondant à 464 000 noms de domaine étaient indisponibles au plus fort de la crise soient près de 18% des adresses IP actives et attribuées à OVH au cours des deux semaines précédentes.

OVHcloud, anciennement OVH, est une entreprise française, fondée en 1999, spécialisée dans la prestation de services informatiques dont l’hébergement et l’administration de serveurs. La société propose également des prestations de cloud computing public et privé, activité consistant à traiter des données informatiques d'un client, dont l'exploitation s'effectue par l'internet, sous la forme de services fournis par un prestataire.


La société indique desservir plus d’un million et demi de clients, en s’appuyant sur un réseau de datacenters répartis entre l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie-Pacifique. En France OVHCloud dispose de deux implantations majeures : son site de Roubaix (créé en 2007) et son site de Strasbourg dont la première phase (SBG1) a été mise en service en 2012. Le groupe OVH exploite 32 datacenters implantés sur 4 continents.

Depuis la maitrise de l'incendie, le patron d'OVHcloud a multiplié les tweets dans une tentative d'être le plus transparent possible en communiquant sur l'impact du sinistre et sur ce qui est fait pour que tout revienne à la normale. On sait que sur les quatre datacenters du site de Strasbourg, un a été totalement détruit (SGB2), un autre partiellement (SGB1) tandis que les autres ont été épargnés (SGB3 et SGB4).

Fuite d'eau comme cause possible de l'incendie du centre de données d'OVHcloud

Les enquêteurs techniques du BEA-RI se sont rendus sur place le jeudi 11 mars 2021. Ils ont échangé avec des représentants de la société OVH, du service d’incendie et de secours du Bas Rhin et de l’inspection des installations classées ainsi que du gestionnaire du réseau électrique de la ville de Strasbourg. Les conclusions du BEA-RI évoquent la possibilité d'une fuite d'eau sur un onduleur, tout en précisant que la cause n'a pas été déterminée de manière concluante.

L’incendie n’a engendré aucune victime et aucun blessé. Il a en revanche occasionné des dommages importants sur les plans matériels et financiers. Le service assuré par OVH a été interrompu pour un nombre important de clients, dont des clients institutionnels. L’incendie a pris naissance au sein des locaux qui abritent les batteries et les ASI (alimentation sans interruption) nécessaires au fonctionnement des serveurs.

Ces salles appelées aussi F salles énergie G étaient équipées d’une détection incendie mais ne disposaient d’aucun système d’extinction automatique. Les départs de feu se sont produits quasi-simultanément sur des batteries et sur un onduleur. Les causes précises des départs au sein de ces équipements, qui font l’objet d’une expertise judiciaire, ne sont pas connues à la date du rapport. Le BEA-RI ne se positionne donc pas sur ce point qui pourra, le cas échéant, faire l’objet d’un rapport additionnel.

Dans une vidéo publiée pour faire le point de la situation, le PDG d'OVHcloud a d'abord présenté ses excuses avant de revenir sur ce qui s'est passé. C'est peu avant 1h du matin qu'ils ont reçu l'alerte incendie. « Les techniciens sur place sont intervenus en quelques dizaines de secondes sur les différentes salles, ils ont vu énormément de fumée immédiatement. Ils ont pris la décision au bout de deux minutes de sortir du datacenter parce que c'était dangereux de rester à l'intérieur », dit-il. Sur l'origine de l'incendie, la piste suivie est celle d'un onduleur qui avait subi une maintenance la veille de l'incendie.

« Quand les pompiers sont intervenus, avec des caméras thermiques, ils ont vu deux équipements, des onduleurs, en feu. Sur l'un des deux onduleurs, nous avons eu des interventions dans la matinée. Un technicien qui devait faire des maintenances a changé des pièces à l'intérieur. Le matériel a été ensuite remis en route dans l'après-midi », explique Octave Klaba. Pour tenter de comprendre ce qui s'est passé de manière chronologique et tirer des conclusions, ils doivent extraire et analyser les vidéos des 300 caméras de surveillance du datacenter, ce qui devrait être en cours.

Le BEA-RI ne se positionne donc pas sur ce point qui pourra, le cas échéant, faire l’objet d’un rapport additionnel. Malgré l’arrivée rapide des secours, la conception du bâtiment, l’absence de système d’extinction automatique, le délai de mise en sécurité électrique du site et les moyens en eau sur la zone n’ont pas permis d’éviter l’embrasement généralisé de SBG2 et la propagation de l’incendie à des bâtiments voisins.

Le BEA-RI a émis des enseignements de sécurité relatifs à la détection et à la prévention de l’incendie par des systèmes d’extinction automatiques, à la maintenance des batteries, à la conception des bâtiments, et à l’élaboration de plans d’urgence en liaison avec les services d’incendie et de secours incluant la coupure de l’alimentation électrique.

Articulation avec l’expertise mandatée par le Tribunal de Strasbourg

L’incendie a donné lieu à l’ouverture de plusieurs procédures civiles pour traiter les demandes d’indemnisation des préjudices subis lors de l’incendie par les clients d’OVH mais également par OVH lui-même. Dans le cadre de ces procédures, un collège d’experts judiciaires a été désigné par le Tribunal de Strasbourg afin de caractériser les litiges et d’ordonner les expertises nécessaires qui permettront d’établir les responsabilités et de fixer les indemnisations.

Des dispositions créées aux articles L. 501-1 à L. 501-19 du Code de l’Environnement en août 2021 donnent la possibilité aux enquêteurs du BEA-RI de prélever des matériels en vue de mener des expertises. Ces dispositions n’étant pas encore prises au moment du lancement de la présente enquête et des expertises diligentées par le collège d’experts judiciaires, il n’a donc pas été possible au BEA-RI d’opposer un droit de regard sur les expertises ou de lancer ses propres investigations.

Pour rappel, l’enquête du BEA-RI vise exclusivement à tirer des enseignements en vue de faire progresser la sécurité, en complément des autres enquêtes, qui ont pour objet de rechercher des fautes ou des responsabilités, d’évaluer l’importance des dégâts aux biens, aux personnes ou à l’environnement, et de formuler des recommandations, le cas échéant, sur les modalités de réparation, de dépollution ou de dédommagement des préjudices.

Au-delà des causes techniques primaires de l’incendie, voici, ci-dessous quelques éléments qui ont eu un impact sur sa propagation :

  1. La conception des bâtiments et leur proximité

    Le rapport du BEA-RI indique que les dispositions constructives retenues lors de la construction du bâtiment ont joué un rôle dans la propagation de l’incendie. Le BEA-RI a exploité les données issues de la centrale de sécurité incendie et en particulier la chronologie des déclenchements des détecteurs incendies. « Il convient d’être prudent dans l’exploitation qui peut être faite de ces données car les détecteurs donnent une indication sur la propagation des fumées et non des flammes. En outre la différence de sensibilités des technologies employées en matière de détection peut induire des décalages de déclenchement. Mais les fumées constituant un vecteur de propagation préférentiel de l’incendie, leur présence apporte toutefois un éclairage sur leur cinétique de diffusion.


    « L’examen de la séquence de déclenchement de la détection incendie est en ce sens particulièrement intéressante. On peut y voir qu’au cours des 15 minutes qui suivent le début de l’incendie, plusieurs détecteurs incendie se sont déclenchés au rez-de-chaussée mais également sur la totalité des étages supérieurs du bâtiment SBG2. Certains détecteurs situés dans les étages supérieurs déclenchent même quelques minutes après le début de l’incendie. Ce premier constat démontre une grande perméabilité du bâtiment à l’air extérieur et donc aux fumées d’incendie qui peuvent se propager rapidement et sans difficulté » , déclare le BEA-RI.

  2. L’absence de système d’extinction automatique

    Selon BEA-RI, OVH a choisi de n’équiper aucun des cinq bâtiments de son datacenter de Strasbourg de système de protection incendie automatique. Pour rappel, un système de protection incendie peut avoir plusieurs fonctions :
    • l’extinction de l’incendie ;
    • le contrôle ou la temporisation de l’incendie, ce qui permet de contenir sa progression et de donner du temps à l’organisation et l’intervention des secours. De surcroît, dans le cas d’une installation telle qu’un datacenter, il permet de mettre en œuvre des moyens en eau très tôt dans la séquence accidentelle, sans même attendre l’arrêt de la fourniture d’électricité, et sans exposer de personnel à un risque d’électrocution.

  3. Des moyens en eaux insuffisants

    Les services de secours publics ne disposaient pour cette intervention que d’un poteau incendie qui délivrait un débit insuffisant (inférieur à 60m3 /h) . L’exploitant ne disposait pas non plus de réserve d’eau d’extinction en propre ni de moyen de pompage dans le canal du Rhin. Compte tenu de l’évolution rapide et défavorable du sinistre, ils ont rapidement sollicité l’appui du bateau pompe EUROPA qui est arrivé sur la zone à 3h00. L’arrivée de ce moyen a permis de contenir le développement de l’incendie, et d’éviter sa propagation au reste des installations et en particulier aux bâtiments SBG1 et SBG3 qui ont été malgré tout partiellement endommagés.

  4. Le délai nécessaire à la mise en sécurité électrique des installations

    Lors des premières reconnaissances, les sapeurs-pompiers ont rapidement identifié la présence d’un risque électrique qui empêchait la mise en œuvre de moyens importants en eau. Bien que l’ordre de couper l’alimentation du site ait été donné rapidement (0h58), la sécurisation électrique n’est intervenue que bien plus tard.


Voici, ci-dessous, quelques recommandations émis par le sur l’amélioration des règles anti-incendie :

A l’attention de la DGPR

Le retour d’expérience de l’incendie d’OVH montre que la protection du seul local de stockage des batteries n’aurait pas permis d’éviter l’incendie. Il y a donc lieu d’appliquer les prescriptions relatives au comportement au feu des bâtiments aux locaux qui abritent les équipements électriques qui servent à la charge des batteries et qui leur sont directement connectés. Cela revient à définir un atelier de charge comme étant le local qui abrite les batteries et également les équipements qui servent à la charge.

A l’attention d’OVH

Le BEA-RI émet les recommandations suivantes à l’attention d’OVH :

  • Dans le cadre de la reconstruction de ses installations ou de la construction de ses prochains datacenters, tenir compte du retour d’expérience de l’incendie du bâtiment SBG2 à Strasbourg en terme de conception des bâtiments et des salles F énergie G, en terme de moyens de détection et de lutte contre l’incendie, et en terme de procédure d’urgence ;
  • Sur le site de Strasbourg, établir et mettre en œuvre au travers d’exercices des procédures d’urgence de mise en sécurité des installations électriques afin de faciliter l’intervention des services de secours publics ;
  • procéder à un audit de l’ensemble de ses installations, pour étudier la vulnérabilité de ses sites au risque d’incendie.
Les entreprises qui participent au recours collectif contre OVHcloud sont de divers secteurs : comptabilité, marketing, santé et tourisme. Un accord de confidentialité les lie au cabinet Ziegler & Associés. En vertu de ce dernier, leurs noms sont tenus secrets. L’autre dénominateur commun entre ces personnes morales est qu’elles rapportent des pertes de leurs bases de données suite à l’incendie du mois de mars. Le tableau de l’après incendie c’est un acteur du secteur de la santé qui se retrouve sans aucune information associée aux patients ou une entreprise touristique qui ne sait plus retrouver les détails de réservations de ses clients.

Source : CGEDD

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?

Que pensez-vous des faiblesses présentées par BEA-RI ?

À la lecture de ce rapport, peut-on dire qu'OVHCloud n'a pas été suffisamment dotée, en terme de moyens de
détection et de lutte contre l’incendie, et en terme de procédure d’urgence ?

Ce rapport vous parait-il pertinent ?

Voir aussi :

OVHcloud : Octave Klaba s'excuse et explique qu'un onduleur pourrait être à l'origine de l'incendie, après une maintenance survenue la veille du sinistre

Incendie OVH : 103 sociétés rejoignent un recours collectif et réclament plus de 9 millions d'euros, en parallèle un groupe du Cac 40 et trois sociétés ont décidé de porter des actions individuelles

Incendie OVH : absence de système d'extinction incendie automatique et de dispositif de coupure électrique général, le rapport des pompiers souligne des défaillances
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Avatar de Jules34
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 28/03/2022 à 10:52
Citation Envoyé par Bruno Voir le message
« Si on part en justice, ce chiffre [quadruple] », étant donné les dommages-intérêts et les frais de justice, prétend-on chez Ziegler & Associés. Si, en l’espèce, OVHcloud a plus à gagner à accepter la conciliation, c’est aussi, nous assure-t-on, eu égard à sa cotation en Bourse.
Franchement c'est pas de chance pour OVH et son introduction en bourse. Moi je les aimes bien et ça pourrait être un fleuron français dans l'industrie mais j'ai l'impression qu'on s'évertue à leur mettre la tête sous l'eau.

Bon l'incendie c'est sûr que c'était pas malin et que c'était à OVH et personne d'autre de prévenir ce risque.

Mais dans l'actu il y a aussi le recul de sa notation, dégradé par Morgan Stanley, 8 jours après que la firme ait annoncé former un recours collectifs contre Windows....

Déposée l'été dernier, la plainte porte sur la manière dont Microsoft commercialise des produits comme la suite logicielle Office, qui rendrait plus coûteuse l'utilisation des services concurrents de la plateforme Azure, ont indiqué des personnes proches du dossier au Wall Street Journal. La plainte affirme également que les logiciels de Microsoft ne fonctionnent pas aussi bien sur les plateformes cloud concurrentes d'Azure, selon ces sources.
Courage OVH !!!

Le marché européen de la tech à décidément l'air d'être une grande aire de copinage ou se mêle pèle-mêle les intérêts US et ceux des gouvernants €, attiré par l'odeur de l'argent, et aux entrepreneurs de se débrouiller dans ce maelstrom
7  0 
Avatar de Jules34
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 28/03/2022 à 16:14
Citation Envoyé par xavier.valentin Voir le message

S'ils veulent jouer avec les grands du cloud (AWS, GCP, ...) ils se doivent être au niveau, car sinon je ne vois pas comment ils pourront continuer à exister dans ce marché ultra concurrentiel.
100 % d'accord avec toi ! Mais justement c'est un peu le problème du secteur : le niveau d'investissement est tellement conséquent que pour ceux qui veulent atteindre une bonne place/rogner des parts aux plus gros, j'imagine qu'il doit être dur de bien se placer sans faire des économies de bout de chandelle qui peuvent remettre en cause comme en cas d'incendie la qualité du service mis en place.

C'est un peu comme les grosses boites du travaux publics qui peuvent candidater aux appels d'offres parce qu'ils ont le quota travailleurs handicapé ou que sais-je (et sans offense) genre BOUYGUE/EIFFAGE, mais Pedro et sa SARL ne le peuvent pas...

Le système...
2  0 
Avatar de bigbear67
Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
Le 20/03/2022 à 15:17
Bonjour à tous,
Ce que j'écris là n'est qu'une hypothèse, ne la prenez pas au pied de la lettre.MERCI !!!

Lorsque l'on intervient sur un des énormes onduleurs il y a un panneau sur lequel est fixé un gros ventilateur.

Pour mieux travailler, on le débranche, on peu ainsi posé le panneau de coté et bien voir chaque composant et ateindre les deux énormes bateries .

C'est là que l'on découvre la sonde de température de fonctionnement qui pourrait être défectueuse. ( c'est bien cela qui à été signalé sur les rapport de la journée)

Comme on a pas de pièce de rechange immédiatement sous la main, on va simplement l'enlever ce qui va rendre la résistance électrique tous simplement négative donc pas d'alarme.

Après avoir shunter la sonde, on se rend compte que c'est l'heure du changement de service. Vite on replace tous les panneaux.
Et on oublie ce fameux ventilateur qu'il falait rebrancher. tous est remis en route et on sort pour dire aurevoir et pointé pour le départ.

environ 30 à 60 minutes plus tard l'onduleur surchauffe comme il n'y a pas alamre incendie personne ne se rends compte qu'il y a de la fumée dans le compartiement.
quand les premiers serveurs tombe en rade c'est trop tard le sol brule aucun extincteurs ne pourrait plus agir.

environ 1h 15 après c'est le départ d'incendie généralisé. le sol des container maritime est normalement contruis avec des traverses en acier recouvertes d’un plancher de contreplaqué marin d’un pouce (3.6cm).
Pour qu'ils ne prennent pas feu il aurait été util de les vernir tous simplement avec un produit tel que "Ignibois". 5Litres par container soit environ 60€ TTC. cela aurais permis de ralentir fortement la propagation du feu.
Cela ne reflète que l'exprèssion de mes 23 ans d'expèrience à monté et démonté des serveurs.

J'ai lu récement qu' OVH va posé d'énormement réservoir en inox sur le toit de leurs data center pour refroidir les processeurs. Encore une idée génial !!!

Ma question pourquoi les reservoirs d'eau exterieurs des buildings aux usa sont ils toujours en bois ???
la foudre n'aurait rien à voir avec cela ?
À voir si l'avenir me donne encore une fois raison.
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Avatar de xavier.valentin
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 28/03/2022 à 12:49
Citation Envoyé par Jules34 Voir le message
Franchement c'est pas de chance pour OVH et son introduction en bourse. Moi je les aimes bien et ça pourrait être un fleuron français dans l'industrie mais j'ai l'impression qu'on s'évertue à leur mettre la tête sous l'eau.

Bon l'incendie c'est sûr que c'était pas malin et que c'était à OVH et personne d'autre de prévenir ce risque.
je pense que tu as tout dit

Ils peuvent s'en prendre qu'à eux....à vouloir faire des économies sur les systèmes qui garantissent la sécurité des installations, on le paie quand il se passe un problème...

Le problème dans l'histoire, c'est que l'impact des choix d'OVH n'ont pas impacté exclusivement OVH, mais de nombreux de ses clients.

Les marchés sanctionnent OVH, car il y a une perte de confiance, car ce n'est pas la première fois qu'OVH fait preuve de négligences dans ces installations, comme en novembre 2017 et en mars 2020

S'ils veulent jouer avec les grands du cloud (AWS, GCP, ...) ils se doivent être au niveau, car sinon je ne vois pas comment ils pourront continuer à exister dans ce marché ultra concurrentiel.
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