Amazon investit dans la société américaine X-energy afin d'utiliser des réacteurs nucléaires pour alimenter ses centres de données. X-energy a indiqué dans un communiqué qu'Amazon a dirigé un tour de table de 500 millions de dollars. Le montant de la participation d'Amazon n'a pas été révélé, mais le géant du cloud computing occupera deux sièges au conseil d'administration de X-energy. L'annonce intervient quelques jours après une annonce similaire de Google, les deux entreprises cherchant frénétiquement de nouvelles sources d'électricité pour répondre à la demande sans cesse croissante des centres de données, une hausse provoquée par le boom de l'IA.Amazon investit dans l'énergie nucléaire pour alimenter ces centres de données
Amazon a signé trois accords visant à accélérer le développement de la technologie dans le domaine de l'énergie nucléaire. Deux des accords conclus par Amazon concernent des entreprises de services publics qui desservent des régions où le géant du cloud dispose déjà d'un grand nombre de centres de données. La première est Energy Northwest. En vertu de l'accord, Amazon financera Energy Northwest pour qu'il étudie la faisabilité de l'ajout de petits réacteurs nucléaires modulaires (small modular reactors - SMR) à sa centrale électrique de Columbia, qui abrite actuellement un seul gros réacteur.
En contrepartie, Amazon aura le droit d'acheter de l'électricité provenant d'une première installation de quatre SMR. Le site pourrait éventuellement accueillir d'autres SMR et Energy Northwest pourrait les utiliser pour répondre à la demande d'autres utilisateurs. Le deuxième accord a été conclu avec Dominion Energy, basé en Virginie. Cet accord est similaire au premier ce sens qu'il vise l'ajout de SMR à la centrale nucléaire North Anna de Dominion Energy.
Toutefois, la nature exacte de cet accord est un peu plus difficile à comprendre. Energy Dominion affirme que « les deux entreprises exploreront conjointement des moyens novateurs pour faire progresser le développement et le financement des petits réacteurs modulaires tout en atténuant les risques en matière de coûts et de développement ». Le troisième accord conclu par Amazon concerne la société américaine de réacteurs nucléaires X-energy.
Dans ce cas, il s'agit d'un investissement pur et simple dans la société, bien que le montant exact ne soit pas clair. L'argent permettra de finaliser la conception du réacteur de l'entreprise et de le faire passer par le processus d'approbation réglementaire. X-energy a sa propre conception de SMR. Toutefois, l'entreprise n'a pas encore reçu d'approbation réglementaire. En effet, les SMR sont une technologie relativement récente qui n'a pas encore fait ses preuves.
Les autres participants à cette levée de fonds comprennent le fondateur et PDG de Citadel, Ken Griffin, Ares Management Corporation, la société de capital-investissement NGP et l'université du Michigan. X-energy a annoncé qu'à la suite de ce tour de table, le géant du cloud occupera deux sièges au conseil d'administration de X-energy. Amazon et X-energy ont pour objectif de mettre en service plus de 5 gigawatts d'électricité produite par des SMR d'ici à 2039.
L'appétit énergétique de l'IA a déclenché une ruée vers l'énergie nucléaire
L'investissement d'Amazon est le dernier en date d'une série d'annonces similaires faites par des Big Tech. Ces derniers soutiennent des projets d'énergie nucléaire dans leurs efforts de trouver de nouvelles sources d'énergie pour répondre à la demande croissante des centres de données d'IA. Google a annoncé récemment avoir commandé six ou sept SMR à l'entreprise californienne Kairos Power. C'est la première fois qu'une entreprise conclut un accord pour acheter de l'énergie produite par des SMR. Le premier SMR de Google sera mis en service d'ici 2030, et les autres déploiements suivront jusqu'en 2035.
« Nous pensons que le nucléaire peut jouer un rôle important en nous aidant à répondre à notre demande de manière propre et plus régulière », a déclaré Michael Terrell. Google a déclaré que « l'entreprise s'efforçait de construire l'infrastructure informatique la plus économe en énergie au monde ». Cependant, la demande en énergie de ses centres de données n'a cessé de croître ces dernières années, et semble avoir bondi avec l'essor de l'IA générative.
L'annonce de Google fait suite à l'annonce faite par Microsoft le mois dernier. Selon l'annonce, Microsoft s'engagerait à acheter pendant 20 ans de l'électricité provenant de la centrale nucléaire américaine en sommeil de Three Mile Island si Constellation Energy redémarrait le site. La centrale a été le théâtre d'un accident nucléaire majeur en 1979, qui n'a toutefois pas fait de blessés ni de morts. La remise en service de la centrale suscite des préoccupations.
De son côté, le fondateur d'Oracle, Larry Ellison, a annoncé en septembre que sa société prévoit de construire un campus de centres de données de 1 GW soutenu par trois SMR, mais il n'a pas encore fourni d'autres détails. Le projet vise à répondre aux besoins de l'IA. Oracle dispose d'un grand nombre de centres de données en activité ou en construction dans le monde, dont le plus grand a une capacité de 800 MW et devrait abriter des clusters de GPU Nvidia.
Par ailleurs, le géant de la colocation Equinix a accepté d'acheter 500 MW dans le...
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