Les frappes de drones contre des centres de données inquiètent les Big Tech et entraînent la suspension de projets au Moyen-Orientles géants du cloud Amazon et Oracle ont subi des dommages importants
La guerre entre les États-Unis et l'Iran a provoqué une instabilité majeure pour les géants de la technologie investissant au Moyen-Orient. Des infrastructures critiques appartenant à Amazon et Oracle ont subi des dommages matériels suite à des attaques de drones et de missiles, entraînant des interruptions de services coûteuses. Face à l'impossibilité d'assurer ces installations contre les risques de guerre, des promoteurs comme Pure DC ont suspendu leurs investissements massifs dans la région. Alors que la guerre se poursuit, des rapports ont révélé que l'Iran a acquis un satellite chinois afin de cibler des sites stratégiques américains au Moyen-Orient.
Le Moyen-Orient, autrefois perçu comme un futur pôle mondial pour l'IA et le cloud computing, traverse une période de profonde incertitude suite à une série d'attaques de drones et de missiles. Le conflit impliquant l'Iran, Israël et les États-Unis a transformé les centres de données des géants de la technologie en cibles militaires, forçant les investisseurs de la Silicon Valley à suspendre des projets de développement de grande envergure dans la région.
Des entreprises majeures telles que Pure Data Centre Group ont officiellement gelé leurs investissements en capital, le temps que la situation sécuritaire se stabilise, car les promoteurs refusent désormais d'injecter des fonds dans une région où les risques de destruction physique sont devenus imminents.
Des dommages matériels et financiers considérables
Les conséquences concrètes de ces hostilités au Moyen-Orient se manifestent par des dégâts structurels et des pertes économiques massives pour les géants du secteur. Amazon Web Services (AWS) a notamment vu deux de ses centres de données frappés directement aux Émirats arabes unis, tandis qu'un troisième a été endommagé par un drone à Bahreïn, provoquant des ruptures de services pour des banques et des applications de transport.
Un centre de données appartenant Pure Data Centre Group (Pure DC) a également été endommagé par une attaque iranienne à la roquette ou au drone. La société, basée à Londres, exploite ou développe plus d’un gigawatt de capacité de centres de données à travers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie.
Ces dommages de guerre s'avèrent particulièrement onéreux, car ils ne sont pas couverts par les assurances traditionnelles. D'après une analyse récente, Amazon a ainsi dû absorber une perte estimée à 150 millions de dollars en renonçant aux frais de ses clients pour le mois de mars 2026, illustrant la pression financière qui pèse sur les opérateurs contraints par les cadres juridiques actuels de supporter seuls les risques liés aux conflits militaires.
La neutralité apparente des entreprises technologiques a volé en éclats après que le Corps des gardiens de la révolution iranienne (CGRI) a explicitement désigné plusieurs sociétés américaines comme des cibles légitimes. Une liste noire incluant des géants de la technologique tels que Google, Microsoft, Palantir, IBM, Nvidia et Oracle a été diffusée, accusant ces entreprises de soutenir des applications militaires ou d'avoir des liens avec Israël.
« Personne ne souhaite développer de nouveaux centres de données ni installer de nouveaux processeurs graphiques tant que la situation ne se sera pas stabilisée. Personne ne va se précipiter dans un bâtiment en feu, pour ainsi dire. Personne ne va injecter de nouveaux capitaux à grande échelle pour entreprendre quoi que ce soit tant que tout ne se sera pas calmé », a déclaré Gary Wojtaszek, PDG de Pure DC, dans une interview avec CNBC.
Une réévaluation stratégique des ambitions régionales
Le CGRI a également visé un campus de centres de données d'Oracle à Dubaï, où des débris de drones interceptés ont endommagé la façade du bâtiment. Cette situation oblige les entreprises installées dans la région à envisager des mesures de protection physique coûteuses, comme l'installation de systèmes de défense antiaérienne et le passage de mégacampus à des installations beaucoup plus petites et dispersées pour réduire leur vulnérabilité.
Malgré l'escalade actuelle, la vision à long terme pour le Moyen-Orient n'est pas abandonnée, bien qu'elle soit sérieusement questionnée. Les projets portés par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour devenir des hubs de l'IA aux côtés des États-Unis et de la Chine font l'objet d'une réévaluation prudente.
Si certains acteurs comme Pure DC affichent une volonté de maintenir leurs engagements après avoir reçu des autorisations d'expansion, les analystes soulignent que l'enthousiasme initial est tempéré par la réalité des risques géopolitiques. L'avenir technologique de la région dépendra désormais de la capacité des entreprises et des gouvernements locaux à sécuriser ces infrastructures critiques contre les menaces aériennes persistantes.
L'Iran acquiert de nouvelles capacités avancées de ciblage
Des rapports font état de l'acquisition secrète par l'Iran, fin 2024, d'un satellite espion de fabrication chinoise, le TEE-01B. L’objectif : renforcer la surveillance et le ciblage des bases militaires américaines au Moyen-Orient. Selon les rapports, le contrat prévoie une sorte de Satellite as a Service (SaaS) assuré par la Chine. Israël s’appuie sur des dispositifs similaires pour alimenter ses systèmes d'IA utilisés pour identifier et cibler des cibles à Gaza.
Le système d'IA israélien « Gospel » s'appuie largement sur l'imagerie satellite et sur d'autres sources de données (telles que les images prises par des drones, le renseignement d'origine électromagnétique (SIGINT) et les données de surveillance) pour identifier rapidement des cibles. Le système traite d'énormes quantités de renseignements pour générer des cibles, les données satellitaires constituant un élément clé de ses données d'entrée.
C’est en mettant à contribution cette infrastructure numérique que les forces israéliennes ont frappé plus de 22 000 cibles à l'intérieur de Gaza suite à des attaques menées par les militants du Hamas au quatrième trimestre de l’année 2023. Un Satellite as a Service compte de nombreuses applications :
- renseignements et ciblage en temps réel : le satellite fournit des images haute résolution permettant de surveiller les mouvements des forces armées américaines dans leurs bases en Arabie saoudite, en Jordanie et en Irak, ce qui facilite la précision des frappes de missiles et de drones ;
- vérification des cibles : les images horodatées permettent aux forces iraniennes d'évaluer les dégâts avant et après les frappes sur les installations américaines ;
- surveillance continue : le système contribue probablement à cartographier les activités de la Cinquième Flotte américaine et à suivre les navires de guerre dans le Golfe.
Selon les rapports, ce partenariat technologique entre l’Iran et la Chine a produit de nombreux effets, notamment les attaques contre les centres de données et d'autres installations stratégiques des Big Tech américains. L'incident le plus grave a été l'attaque qui a endommagé les installations d'AWS. Les services affectés par cette frappe comprennent : la banque Abu Dhabi Commercial Bank, Emirates NBD, First Abu Dhabi Bank, Hubpay et Alaan, etc.
Menaces sur la chaîne d'approvisionnement et les câbles sous-marins
Un rapport a révélé que la guerre en Iran menace une partie modeste, mais cruciale, de la chaîne d'approvisionnement complexe qui contribue à la production mondiale de puces électroniques, car le conflit limite l'accès à une grande partie de l'hélium mondial. Le Qatar produit environ un tiers de l’hélium mondial, un gaz essentiel au processus de fabrication des semiconducteurs, à un moment où l'industrie technologique fait face à une pénurie de puces.
Selon d'autres rumeurs, l'Iran aurait menacé également d'endommager les câbles Internet sous-marins en mer Rouge, une mesure qui aura un impact considérable sur la vitesse d'Internet dans de nombreux pays à travers le monde. Cette menace n’a pas été confirmée par les autorités iraniennes ni par les principaux services de renseignement, mais des figures telles que Mario Nawfal, entrepreneur libano-australien, affirment que la vulnérabilité est réelle.
Sous les eaux de la mer Rouge se trouve un réseau dense de câbles à fibre optique qui acheminent environ 30 % du trafic Internet régional et relient des continents comme l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient. Le sabotage de ces câbles pourrait avoir un impact énorme sur la vitesse d'Internet à travers le monde.
« L’Iran menace désormais de couper les câbles Internet sous-marins si les États du Golfe continuent d’accueillir des troupes américaines. Ces câbles acheminent 17 % du trafic mondial, y compris les hubs d’IA des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite soutenus par Amazon, Microsoft et Google. S’ils se rompent, ce sont des mois de coupures, pas des heures. Le sous-traitant de Meta s’est déjà retiré du golfe persique », a déclaré Mario Nawfal.
Des navires de commerce pris au piège sous les tirs ennemis
Le conflit armé au Moyen-Orient a entraîné la fermeture du détroit d'Ormuz, provoquant une crise énergétique mondiale et laissant des milliers de navires de commerce bloqués dans la région. Profitant de cette situation désespérée, des escrocs ont mis en place ciblant les transporteurs maritimes. Ils promettent aux navires un passage sécurisé à travers le détroit , une zone devenue extrêmement dangereuse en raison des hostilités militaires.
Les conséquences de ces arnaques dépassent le simple préjudice financier et mettent directement en péril la vie des marins. Plusieurs navires auraient été victimes de ces manœuvres, pensant avoir acheté un droit de passage légitime. MARISKS a recensé un navire touché après sa tentative de transit dans le détroit le 18 avril. L'incident se serait produit pendant une brève période où l'Iran affirmait autoriser les navires à passer après inspection.
Toutefois, le navire en question a fait demi-tour après que les forces militaires iraniennes ont ouvert le feu sur lui. Environ 2 000 navires et 20 000 marins sont toujours bloqués près du détroit. Il n'est peut-être pas le seul à être tombé dans le piège de l'arnaque aux cryptomonnaies dans sa quête d'un droit de passage.
Le 22 avril, le cargo Epaminondas, battant pavillon libérien, appartenant à la société grecque Technomar Shipping et exploité par la compagnie maritime internationale MSC, a essuyé des tirs après avoir, selon certaines informations, reçu l'autorisation de traverser le détroit. Les autorités vérifient actuellement si le message prétendant accorder ce droit de passage « aurait pu être frauduleux ». La situation actuelle dans le détroit est sinistre.
Le chaos qui règne dans le détroit est alimenté par des opérations militaires intensives débutées en février, incluant des frappes américaines et israéliennes contre les infrastructures iraniennes. En représailles, l'Iran multiplie les attaques de drones et de missiles contre les navires commerciaux et les installations énergétiques des pays du Golfe. Cette situation est encore compliquée par un blocus naval instauré par les États-Unis depuis la mi-avril.
Conclusion
Cette escalade s'inscrit dans un contexte de guerre ouverte marqué par la disparition de plusieurs figures clés du régime iranien. L'Iran menace désormais l'empire technologique américain dans le Golfe. Le conflit perturbe les marchés de l’énergie. À la suite des premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran fin février, Téhéran a riposté en frappant des cibles à travers tout le Moyen-Orient, y compris des infrastructures gazières et pétrolières.
Le conflit crée également l'incertitude. Cette situation force la Silicon Valley à repenser la sécurité et la centralisation de ses centres de données destinés à l'IA. Les entreprises envisagent désormais des installations plus petites ou l'intégration de systèmes de défense antiaérienne pour protéger leurs actifs. Malgré ces tensions, certains acteurs considèrent toujours le Golfe comme une opportunité stratégique à long terme une fois le calme revenu.
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Que pensez-vous de la militarisation croissante des technologies de pointe comme les drones et l'IA ?Voir aussi
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