OpenAI rapporte que des opérateurs liés à la Chine ont orchestré des campagnes de désinformation pour manipuler l'opinion publique américaine concernant le secteur de l'IA. En utilisant des comptes ChatGPT détournés, ces acteurs ont généré des contenus visant à décrédibiliser la construction de centres de données en e les accusant d'augmenter les tarifs d'électricité. Bien que ces opérations aient utilisé des faits réels pour susciter la méfiance, leur impact direct sur la population est resté extrêmement limité. Précédemment, OpenAI avait rapporté comment Pékin utilisait ChatGPT pour industrialiser la répression numérique de ses dissidents à l'étranger.OpenAI dit avoir découvert et démantelé deux campagnes d'influence clandestine probables en provenance de Chine. Ces opérations visaient à manipuler le débat public américain concernant l'infrastructure de l'IA et les politiques technologiques des États-Unis en utilisant ChatGPT. Étant donné qu'OpenAI interdit l'accès à ses modèles depuis la Chine, les opérateurs ont dû recourir à des réseaux privés virtuels (VPN) pour mener à bien leurs activités.
Selon les analyses d'OpenAI, les acteurs derrière ces comptes faisaient très probablement partie d'une équipe spécialisée dans les réseaux sociaux au sein d'une entreprise technologique privée chinoise, laquelle agissait pour le compte de clients gouvernementaux de niveau provincial.
La campagne d'influence appelée « Data Center Bandwagon »
La première opération s'est déroulée de la fin de l'année 2025 au début de l'année 2026 et avait pour but de retourner l'opinion américaine contre la construction de centres de données. Pour y parvenir, les opérateurs ont demandé à ChatGPT de générer en anglais de courts commentaires et des bandes dessinées affirmant que le développement de l'IA faisait grimper la demande en électricité, dont les coûts étaient répercutés sur les ménages moyens.
Selon le rapport, les opérateurs de cette campagne ont également utilisé ChatGPT pour ajouter du texte sur des images génériques du marché de l'électricité, suggérant ainsi que les citoyens ordinaires subventionnaient ces infrastructures technologiques. Ces contenus critiques étaient ensuite publiés sur des plateformes de médias sociaux comme X (ex-Twitter) par de faux comptes qui se font passer pour des citoyens américains de divers horizons.
En parallèle, ce même réseau d'influence a ciblé la diaspora chinoise en tentant de générer des messages de harcèlement contre des dissidents politiques, comme le commentateur connu sous le nom de « Teacher Li ». Le rapport ajoute que les opérateurs ont aussi innové en se faisant passer pour des immigrés ou des travailleurs chinois aux États-Unis afin d'inciter des influenceurs à dénoncer la « part d'ombre » et les échecs politiques de l'Amérique.
Fait notable, ces acteurs ont largement utilisé l'IA ChatGPT d'OpenAI pour analyser les algorithmes de détection des plateformes telles que Facebook et pour rédiger des rapports détaillés sur la manière de créer des comptes crédibles, d'échapper à la modération et de maximiser leur influence à long terme.
Une autre campagne sur la technologie et les tarifs douaniers
La seconde initiative (« Tech and Tariffs ») critiquait les droits de douane américains et dénonçait de la volonté supposée des États-Unis de dominer le secteur technologique mondial. Les acteurs ont utilisé ChatGPT pour créer des commentaires et des caricatures politiques mettant en scène le président Donald Trump, tout en précisant expressément dans leurs requêtes que le président chinois Xi Jinping ne devait pas apparaître dans les contenus générés.
L'année dernière, Donald Trump a imposé des droits de douane à presque tous les pays du monde lors de l'événement « Liberation Day ». Le 5 avril 2025, un tarif universel de 10 % sur toutes les importations aux États-Unis est entré en vigueur, mais la Chine et d'autres pays se sont vus imposer des droits de douane très élevés pour différentes raisons. À titre d'exemple, les produits chinois avaient été soumis à des tarifs pouvant aller jusqu'à 145 %.
Les États-Unis et la Chine se sont mis d'accord sur une réduction des droits de douane à la suite des menaces sur leur industrie technologique respective. Par la suite, la justice américaine a jugé illégaux les droits de douane imposés par Donald Trump, sommant son administration de restituer 166 milliards de dollars perçus auprès des entreprises. Les opérateurs de cette seconde initiative ont utilisé ces informations pour mener à bien leur campagne d'influence.
Ils ont ciblé OpenAI avec un réseau de faux comptes pour répandre « des rumeurs totalement infondées » selon lesquelles les données privées des utilisateurs auraient été compromises ou volées. Leurs ambitions étaient mondiales : ils ont produit des contenus en anglais, en italien, en japonais et en chinois traditionnel pour toucher diverses audiences, commandant à l'IA des textes antisémites et des publications hostiles à Israël et aux États-Unis.
Des campagnes limitées, mais fondées sur des faits réels
Dans son analyse, OpenAI affirme que malgré la sophistication des méthodes et l'utilisation de l'IA par les opérateurs de ces deux campagnes pour automatiser leurs publications, elles n'ont eu pratiquement « aucun impact réel ». OpenAI a classé ces opérations dans la « Catégorie 1 » de son échelle d'évaluation, ce qui indique qu'elles sont restées confinées à une seule plateforme sans générer d'engagement significatif auprès du véritable public.
L'aspect le plus percutant de ces deux opérations est qu'elles se sont appuyées sur des faits avérés pour tenter de manipuler l'opinion. L'augmentation des prix de l'électricité liée aux centres de données est une réalité documentée, certaines régions à proximité de ces installations ayant subi des hausses tarifaires allant jusqu'à 267 %. Cette situation a provoqué une levée de boucliers des populations, qui s'opposent désormais aux centres de données.
En effet, l'hostilité des Américains envers ces infrastructures n'avait pas besoin d'être fabriquée par une puissance étrangère : 71 % des Américains s'opposent déjà à la construction de centres de données près de chez eux en raison de préoccupations environnementales, d'une consommation d'eau excessive et de l'utilisation des terres. Des collectivités locales ont bloqué de nouvelles constructions, certaines ayant adopté des mesures définitives.
Les opérateurs chinois n'ont donc fait qu'exploiter des angoisses économiques et des débats légitimes préexistants pour tenter d'amplifier les divisions et de susciter la méfiance envers les entreprises technologiques américaines, dans un contexte de forte compétition géopolitique autour de l'IA.
Impact économique de ces projets et menace pour l'emploi local
La colère des citoyens s'enracine principalement dans les répercussions financières de ces installations massives. Les populations locales refusent de subir des hausses de tarifs d'électricité et de financer des allègements fiscaux pour des géants technologiques sans en tirer de bénéfices directs. Dans le Michigan, par exemple, le fournisseur d'énergie DTE a tenté de conditionner le gel de ses futures hausses de tarifs à l'ouverture d'un centre de données.
Cette méthode a été assimilée à une « demande de rançon » par les autorités locales. Goldman Sachs avertit que la demande liée aux infrastructures d'IA fait augmenter les coûts de l'électricité, des composants électroniques et des logiciels, ce qui va stimuler l'inflation au cours des prochaines années.
À cette pression économique s'ajoute une menace existentielle pour les travailleurs. Les centres de données servent à entraîner des modèles d'IA avancés conçus pour remplacer à terme les employés de bureau. Des entreprises de la tech suppriment déjà des milliers de postes pour investir dans l'IA, à l'image d'Oracle ou encore de Meta, qui surveille informatiquement ses employés pour entraîner des agents d'IA capables de reproduire leur travail.
Les citoyens se retrouvent ainsi dans la position paradoxale de devoir subventionner, via leurs impôts et leurs factures énergétiques, les outils qui élimineront leurs propres emplois. Face à cette hostilité, l'industrie technologique pourrait bientôt se tourner vers l'espace pour accueillir ses centres de données. Selon la théorie de « l'IA orbitale », le placement de fermes de serveurs en orbite terrestre basse devient une option de plus en plus pertinente.
Grâce aux avancées de sociétés comme SpaceX, le coût de lancement dans l'espace a drastiquement chuté et pourrait passer sous la barre des 100 dollars par kilogramme d'ici 2028. À ce prix, il deviendrait financièrement plus avantageux de construire des centres de données en orbite plutôt que d'essayer de les imposer dans des régions réticentes, offrant ainsi aux géants de la technologie une solution radicale pour contourner la rébellion terrestre.
L'essor des centres de données crée des pénuries de composants
Le monde est actuellement confronté à une pénurie massive de puces de mémoire et de stockage. Les centres de données consomment des quantités colossales de composants électroniques, au point de provoquer des tensions sévères sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. Une crise similaire menace désormais les CPU, dont le besoin...
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