Google promet de restituer plus d’eau que ses datacenters ne consomment mais des observateurs estiment que le projet qui est beau sur le papier s’apparente à ce qu’ils nomment la « farce des crédits carbone »Ces derniers mois, l’impact environnemental des centres de données dédiés à l’IA sur les communautés locales est au centre de vives critiques. La consommation d’eau est l’un des points qui revient en boucle sur les tables de discussion. Ainsi, dans le cadre de l’extension de ses programmes dits de « gestion responsable de l’eau », Google prend des engagements, notamment celui de réinjecter plus d’eau que l’entreprise ne consomme sur les sites de ses centres de données. Des observateurs estiment pour diverses raisons que le projet est beau sur le papier mais s’apparente à ce qu’ils nomment la « farce des crédits carbone. »
Restituer 120 % de l’eau que ses centres de données consomment d’ici à 2030 : C’est la nouvelle promesse de Google qui se heurte au scepticisme des observateurs pour diverses raisons
Le scepticisme auquel se heurte l'engagement de Google à restituer plus d'eau que l’entreprise ne consomme dans ses centres de données trouve son origine dans les inquiétudes du public concernant les besoins considérables en refroidissement du matériel dédié à l'intelligence artificielle. Les détracteurs, les hydrologues et les communautés locales remettent en question la faisabilité de ces objectifs, invoquant les complexités logistiques, techniques et géographiques liées à la compensation de la consommation d'eau.
En effet, les centres de données utilisent de l'eau pour leurs tours de refroidissement qui évaporent en permanence dans l'atmosphère des millions de gallons d'eau potable locale de grande qualité. Les observateurs émettent des doutes sur les mesures de compensation qui consistent souvent en des mesures indirectes — telles que la réparation de fuites dans les systèmes d'irrigation agricole ou la restauration de zones humides éloignées — et sur leur capacité à réinjecter la même eau potable dans les aquifères locaux sur lesquels les centres de données s’approvisionnent.
Google utilise aussi des systèmes de refroidissement par air ou à « circuit fermé » dans les bassins versants à haut risque. Ces derniers consomment moins d’eau, mais lorsque les serveurs recourent à d’énormes ventilateurs pour leur refroidissement par air, ils consomment nettement plus d’électricité, ce qui nécessite par conséquent davantage d’eau pour la production d’électricité en amont.
Pour garantir leur efficacité et prévenir la corrosion des canalisations, les systèmes de refroidissement « en circuit fermé » ou par évaporation nécessitent des traitements chimiques. Lorsque ces systèmes sont vidangés, ils rejettent une concentration de produits chimiques susceptible, à terme, de dégrader la qualité de l'eau locale.
C’est pour ce lot de raisons (liste non exhaustive) que les observateurs estiment que le projet de Google est beau sur le papier mais s’apparente à ce qu’ils nomment la « farce des crédits carbone. »
Réduire la consommation d'eau des centres de données est reconnu comme un défi de tailleA single 100-word email written by ChatGPT uses around 500 ml of water, a full plastic bottle. pic.twitter.com/MKElgbyqQL
— Anonymous (@YourAnonOne) June 20, 2026
Les opérateurs de centres de données sont confrontés à de nombreuses difficultés pour réduire leur consommation d'eau face à la demande croissante en serveurs gourmands en énergie. Une récente étude de Maplecroft indique que de nombreux centres de données parmi les plus importants au monde sont menacés par la hausse mondiale des températures, les besoins croissants en eau entraînant une augmentation des coûts et de la consommation d'eau.
Selon ses estimations, une installation de taille moyenne consomme en moyenne environ 300 000 gallons (environ 1,4 million de litres) d'eau par jour, et ces besoins devraient augmenter avec la hausse des températures. La pénurie d'eau devient une préoccupation majeure pour les centres de données en Europe.
Toutefois, le groupe industriel CISPE (Cloud Infrastructure Service Providers in Europe) a averti au début de l'été que les exigences réglementaires contraignantes de la Commission européenne visant à réduire l'utilisation de l'eau pourraient inciter les opérateurs à choisir d'implanter leurs immenses centres de données ailleurs. Le CISPE a présenté ses propres recommandations sur la manière de mettre en œuvre la stratégie de résilience hydrique de l'UE.
Par ailleurs, le géant du cloud Google a récemment publié une évaluation interne de sa consommation d'eau, affirmant que l'utilisation de l'eau par les systèmes d'IA a été largement exagérée, bien que cette affirmation ait été accueillie avec scepticisme et critiques en raison de sa méthodologie de test. Selon Google, le traitement d'un prompt par l'assistant d'IA Gemini consomme désormais l'équivalent de 9 secondes de télévision et 5 gouttes d'eau.
Cependant, ces estimations sont controversées. Selon Shaolei Ren, professeur agrégé en génie électrique et informatique à l'université de Californie à Riverside, les affirmations de Google sont trompeuses, car elles établissent une fausse équivalence entre la consommation d'eau sur site et la consommation totale. Pour comprendre pourquoi, il est important de savoir que les centres de données consomment de l'eau à la fois sur site et hors site.
Shaolei Ren souligne que le problème n'est pas que Google n'ait pas pris en compte la consommation d'eau hors site. C'est que Google a comparé des pommes et des oranges : « son nouveau chiffre ne concerne que la consommation sur site, tandis que le chiffre discrédité incluait toute la consommation d'eau ».
Conclusion
La croissance rapide des centres de données, stimulée par le développement de l’IA, entre en tension avec les ressources en eau disponibles en Europe. Pour faire face à ce problème, le secteur réfléchit à des solutions telles que l’amélioration de l’efficacité des systèmes de refroidissement, le recyclage des eaux usées et la mise en place de normes minimales de consommation d’eau par l’Union européenne. Cette réglementation est prévue pour fin 2026.
GlobalData souligne que, chaque fois qu'un défi majeur se présente, l'industrie trouve en général des solutions. Mais dans ce cas précis, le problème de la pénurie d'eau est une question politique et sociale, et pas seulement une préoccupation technologique. Les experts affirment qu'il est essentiel de trouver un équilibre entre innovation technologique et préservation des ressources naturelles pour garantir un futur numérique durable.
Source : Google
Et vous ?
Ces projets de compensation des ressources en eau peuvent-ils tenir le rythme sachant que la seule écriture par ChatGPT de 100 mots équivaut à la consommation par un centre de données d'une bouteille d'eau ?
Partagez-vous le scepticisme des observateurs quant à la promesse de Google de restituer 120 % de l’eau que ses centres de données consomment d’ici à 2030 ? Si oui, pour quelles raisons ?Voir aussi :
Un data center révolutionnaire qui revalorise 100% de son énergie pour chauffer 6000 logements, une avancée majeure écoresponsable de l'hébergeur Web et Cloud Infomaniak
Les outils d'IA consomment jusqu'à 4 fois plus d'eau que prévu, d'après une étude de l'Université de Californie
Google déclare que le traitement d'un prompt par son IA Gemini consomme désormais l'équivalent de 9 secondes de télévision et 5 gouttes d'eau, mais les experts affirment que ces chiffres sont sous-estimés
Vous avez lu gratuitement 5 122 articles depuis plus d'un an.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

En plus y'a moyen de proposer des conditions de travails au minimum et de faire un concours tres selectrif aux anciens salariés, une usine qui ferme avec des centaines de chômeurs, y'aura toujours 2-3 salariés pour faire le gardiennage la nuit au smic du datacenter.