Ali Ghodsi, PDG de Databricks, prédit que les agents d'intelligence artificielle (IA) rendront bientôt obsolètes les plateformes traditionnelles de logiciels en tant que service (SaaS). Selon lui, ces agents IA, capables d'exécuter des tâches de manière autonome à l'aide de commandes en langage naturel, permettront d'éliminer les contraintes imposées par les flux de travail rigides et prédéfinis des applications SaaS actuelles. Avec sa plateforme unifiée d'intelligence des données, Databricks se positionne alors comme le fondement de l'avenir des flux de travail basés sur des agents. Bien que Ghodsi reconnaisse la pertinence actuelle du SaaS, il prévoit une transition progressive vers des systèmes basés sur l'IA qui redéfiniront le paysage des logiciels d'entreprise.Ali Ghodsi est un chercheur en informatique et entrepreneur américano-suédois d'origine persane, spécialisé dans les systèmes distribués et le big data. En 2013, il a cofondé Databricks, une société américaine de logiciels basée à San Francisco, qui propose une plateforme cloud pour l'analyse de données et l'intelligence artificielle. Il en est devenu le PDG en 2016. Ali Ghodsi est également professeur adjoint à l'université de Berkeley et coauteur de plusieurs publications influentes, dont Apache Mesos et Apache Spark SQL.
Les déclarations du PDG de Databricks s’inscrivent dans un discours tenu par plusieurs acteurs majeurs du secteur technologique. Microsoft affirme ainsi que d'ici 2030, les applications SaaS seront remplacées par des plateformes d'agents IA natives, capables de s'adapter dynamiquement aux besoins des utilisateurs. Toutefois, ce discours optimiste contraste avec la réalité du terrain, de nombreux rapports soulignant que les capacités de l'IA sont souvent surestimées et que la plupart des projets pilotes échouent.
Parallèlement, le modèle SaaS montre les premiers signes de fragilisation. Après avoir généré d'importants revenus au cours des deux dernières décennies, les outils SaaS sont en perte de vitesse sous l'effet d'agents IA capables de gérer de manière autonome des flux de travail complexes. Selon certaines estimations, les agents IA pourraient conquérir 60 % du marché des logiciels SaaS d'ici 2030, grâce à des gains d'efficacité et à des réductions de coûts. Cependant, les limites opérationnelles actuelles de l'IA continuent de freiner leur adoption à grande échelle.
Depuis plus de deux décennies, le logiciel en tant que service (SaaS) est le paradigme dominant dans le domaine des technologies d'entreprise. Ce modèle est tellement ancré qu'il a bouleversé la manière dont les entreprises achètent, déploient et envisagent les logiciels. Mais selon Ali Ghodsi, directeur général de Databricks, le secteur du SaaS, qui pèse 200 milliards de dollars, est sur le point de connaître une profonde disruption. Il ne s'agit pas exactement de sa disparition, mais d'un phénomène sans doute pire pour les acteurs historiques : la perte de pertinence.
Au cours d'une interview, Ali Ghodsi a présenté sa vision d'un avenir proche dans lequel les agents IA (des systèmes logiciels autonomes capables d'effectuer des tâches complexes avec un minimum de supervision humaine) remplaceront de plus en plus les flux de travail rigides et prédéfinis qui caractérisent les applications SaaS actuelles. Cette thèse, qui gagne du terrain dans la Silicon Valley, revêt une importance particulière lorsqu'elle est avancée par le dirigeant d'une entreprise évaluée à 62 milliards de dollars.
Du « pointer-cliquer » au « demander-exécuter »
Le cœur de l'argumentation d'Ali Ghodsi est d'une simplicité trompeuse. Les produits SaaS traditionnels sont, fondamentalement, des ensembles de flux de travail prédéfinis intégrés dans des interfaces utilisateur. Un outil CRM comme Salesforce, par exemple, offre des moyens structurés pour gérer les prospects, suivre les transactions et prévoir les revenus. Une plateforme RH comme Workday fournit des modèles de processus pour le recrutement, la paie et la conformité. Ces outils fonctionnent bien, mais ils sont intrinsèquement limités par l'imagination des ingénieurs qui les ont conçus.
Selon Ali Ghodsi, les agents IA vont faire disparaître ces contraintes. Plutôt que de naviguer dans une série de menus et de tableaux de bord pour accomplir une tâche, un travailleur du savoir pourrait simplement décrire ce dont il a besoin, en langage naturel, et un agent IA...
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