Le PDG de Capgemini, la plus grande entreprise informatique européenne, n'est pas d'accord avec l'appel lancé par l'Europe pour réduire la dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américainesLe PDG de Capgemini, Aiman Ezzat, aurait rejeté les appels à une souveraineté technologique totale en Europe. Ses commentaires interviennent à un moment où plusieurs gouvernements américains appellent à réduire la dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines dans un contexte de relations transatlantiques tendues. « La souveraineté absolue n'existe pas », a déclaré Ezzat lors d'une conférence téléphonique après la publication des résultats. « Personne ne la possède, car personne n'a la souveraineté sur l'ensemble de la chaîne de valeur nécessaire à la fourniture de services. »
L'Europe veut mettre fin à sa dangereuse dépendance à l'égard des technologies Internet américaines. Cependant, elle peine à trouver la voie de sa souveraineté numérique malgré les efforts déployés depuis plus d'une décennie. Des services publics et de grands acteurs de son économie reposent encore sur la pile technologique américaine. Cela soulève des préoccupations sur le contrôle des données et la sécurité des informations sensibles. Aujourd’hui, l’Europe se retrouve dos au mur face au risque que les États-Unis utilisent l’accès aux infrastructures numériques fournies par des entreprises américaines comme levier dans des négociations géopolitiques.
Le 22 janvier, le Parlement européen a adopté une résolution qui soutient « l'utilisation de critères d'attribution des marchés publics favorisant les produits européens dans la mesure du possible » et propose une nouvelle législation visant à promouvoir les fournisseurs de services cloud européens. Selon des responsables proches du dossier, l'exécutif de l'Union européenne travaille actuellement sur une nouvelle législation visant à promouvoir la « souveraineté technologique ».
Cependant, cette initiative n'est pas partagée par tous les acteurs européens du secteur technologique. Récemment, Capgemini, la plus grande entreprise européenne de services informatiques, a révélé ne pas être accord avec les appels à une souveraineté technologique totale en Europe. Capgemini est une entreprise de services du numérique française (ESN) basé à Paris. Le groupe définit ses métiers en 4 grandes catégories : le conseil en stratégie et transformation, les services applicatifs, les services de technologie et d'ingénierie, et les autres services d'infogérance. Aiman Ezzat, né le 22 mai 1961 à Ismaïlia, homme d'affaires français d'origine égyptienne, est le PDG de Capgemini depuis le 20 mai 2020.
Le PDG de Capgemini, Aiman Ezzat, aurait rejeté les appels à une souveraineté technologique totale en Europe. Ses commentaires interviennent à un moment où plusieurs gouvernements américains appellent à réduire la dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines dans un contexte de relations transatlantiques tendues. Ces relations tendues ont suscité des inquiétudes quant à la dépendance de l'Europe vis-à-vis des grandes entreprises technologiques américaines.
Les dirigeants de l'Union européenne se sont réunis lors d'un sommet en Belgique consacré à la manière d'accroître la compétitivité européenne dans une économie mondiale plus volatile. La volonté de l'Europe d'accroître sa souveraineté numérique a pris un nouvel élan ces derniers mois, alimentée par la crainte que la politique étrangère du président américain Donald Trump ne conduise à un « découplage technologique ».
Sous la présidence de Donald Trump, Bruxelles et Washington se sont affrontés à plusieurs reprises au sujet de la réglementation numérique de l'UE. À tel point que les États-Unis ont même interdit l'entrée sur leur territoire à plusieurs responsables actuels et anciens de l'UE. Pour ceux qui ne le savent pas, les appels à la souveraineté numérique en Europe mettent l'accent sur la nécessité d'atteindre une indépendance stratégique vis-à-vis des technologies étrangères, en particulier en réduisant la dépendance vis-à-vis des géants technologiques américains
en matière d'infrastructures, de services cloud et d'intelligence artificielle.
Le géant français de la technologie Capgemini, qui fournit ses services à des agences gouvernementales, des opérateurs d'infrastructures critiques et de grandes entreprises réglementées, se positionne comme un pont entre les ambitions de souveraineté de Bruxelles et la réalité d'une infrastructure cloud dominée par les États-Unis. « La souveraineté absolue n'existe pas », a déclaré Ezzat lors d'une conférence téléphonique après la publication des résultats. « Personne ne la possède, car personne n'a la souveraineté sur l'ensemble de la chaîne de valeur nécessaire à la fourniture de services. »
Ezzat a déclaré que sur les trois premiers niveaux, l'Europe est déjà indépendante, mais que la domination des géants technologiques américains signifie qu'il n'y a pas d'indépendance totale sur le plan technologique. Il estime que plutôt que de rechercher une autonomie totale, les pays européens devraient rechercher « la solution de souveraineté appropriée en fonction du cas d'utilisation, de l'environnement du client et du gouvernement ».
Il a déclaré que l'autonomie numérique suit un cadre à quatre niveaux : les données, les opérations, la réglementation et la technologie. Capgemini a signé des partenariats avec des hyperscalers américains, notamment Amazon Web Services, Google Cloud et Microsoft, afin de fournir ce qu'il appelle des solutions d'IA « souveraines », des services cloud fournis par une entreprise basée en Europe mais fonctionnant sur une infrastructure américaine.
Les menaces de Trump concernant le Groenland ont détérioré les relations commerciales entre les États-Unis et l'UE. Cela a également ravivé les appels en Europe à prendre des mesures de rétorsion contre la Silicon Valley si le président américain allait jusqu'au bout, d'autant plus que l'Europe accuse un déficit important avec les États-Unis dans le domaine des services. L'UE ne doit pas se laisser bercer par un faux sentiment de sécurité en pensant que les tensions avec les États-Unis au sujet du Groenland, de la technologie et du commerce sont terminées, a averti le président français Emmanuel Macron, qui a appelé le bloc à se lancer dans une « révolution économique » et à devenir enfin une véritable puissance mondiale.
Le président français Emmanuel Macron est depuis longtemps partisan d'une plus grande souveraineté numérique. Il a déclaré que de nouveaux affrontements entre l'UE et les États-Unis au sujet de la réglementation technologique étaient probables dans le courant de l'année. En 2026, les pays s'inquiètent de plus en plus de leur dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines car elles peuvent servir de moyens de sanctions comme l’illustre le cas du juge français de la CPI Nicolas Guillou.
Ce dernier a toute sa vie numérique et financière qui est désormais sévèrement restreinte en raison des sanctions globales ordonnées à son encontre par Donald Trump. Ces sanctions font suite à sa participation à la décision de la Cour pénale internationale (CPI) de délivrer des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre. Les initiatives d’affranchissement des technologies américaines vont donc en se multipliant.
Source : Aiman Ezzat
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