Les habitants d’une petite ville font bloc contre la construction de centres de données prévus pour couvrir 14 % de sa superficie. La liste des inconvénients de la proximité avec un datacenter est longue.Les habitants d’Archbald, une ville de 7000 habitants située au nord-est de la Pennsylvannie, font bloc contre la construction de centres de données prévus pour couvrir 14 % de sa superficie. En effet, la liste des inconvénients de la proximité avec un datacenter est longue : la consommation électrique massive de ces infrastructures entraîne une pollution atmosphérique accrue, provoquant des maladies graves et une mortalité prématurée au sein des populations locales.
Les habitants d'une petite ville de Pennsylvanie se battent pour défendre leur communauté, car des promoteurs de centres de données ont déposé des demandes de permis pour construire six sites dans la région. Les centres de données proposés seront construits dans la ville d'Archbald, qui compte à peine 7000 habitants, et comprendront 51 entrepôts de données.
Des rapports font état de ce que chacun de ces entrepôts de données aura une superficie équivalente à celle d'un Walmart Supercenter, et que l'ensemble de ces installations est prévu pour occuper environ 14 % des 44 km² de la ville. Les habitants de cette ville ont commencé à s'opposer à ces projets lorsque les demandes de permis ont été déposées en 2025.
Les communautés locales ne veulent pas de ces datacenters car leur essor pollue les nappes phréatiques, rend l'eau impropre à la consommation, met à rude épreuve les réseaux électriques, est source de pollution sonore, etc.Developers plan to build six of the sprawling campuses in Archbald, a northeastern Pennsylvania town of 7,000 people near the Pocono Mountains, to power the demand for artificial intelligence, eventually covering about 14 percent of the town’s land. https://t.co/j3O1sBZCSu
— The Washington Post (@washingtonpost) April 27, 2026
En août 2024, Meta, qui développe Llama, l'un des plus grands modèles de langage (LLM) open source, a révélé qu'il aura besoin de beaucoup plus de puissance de calcul pour former ses modèles à l'avenir. Le PDG Mark Zuckerberg a déclaré lors de la conférence téléphonique sur les résultats du deuxième trimestre 2024 de Meta que pour entraîner le Llama 4, la société aura besoin de 10 fois plus de puissance de calcul que pour l'entraînement du Llama 3.
Meta avait annoncé son intention de Llama 4 le modèle d'IA le plus avancé sur le marché en 2025. Cependant, malgré les dépenses colossales en matière d'infrastructure, Meta n'a pas réussi ce pari. Meta a publié Llama 4 en avril et a déclaré que son modèle égale les performances des meilleurs modèles du marché. Toutefois, il est apparu que Meta a truqué les tests pour donner l'impression que son modèle Llama 4 est meilleur que la concurrence.
Meta continue de développer ses projets de centres de données afin d'augmenter ses capacités pour former les futurs modèles d'IA. Cependant, ces gigantesques infrastructures énergivores ont un impact important sur leur environnement et sur les riverains. Dans certaines régions du monde, les centres de données pour l'IA polluent les nappes phréatiques, rendent l'eau impropre à la consommation et exercent une pression sur les réseaux électriques.
À Mansfield, en Géorgie, aux États-Unis, les habitants se plaignent de l'impact critique d'un centre de données de Meta sur leur environnement. Un récent rapport relate la façon dont le quotidien de Beverly Morris, une habitante de la ville, est devenu difficile depuis l'installation du centre de données.
Depuis les travaux de construction du centre de données de Meta, la source d’eau privée de Beverly Morris est devenue trouble, chargée en sédiments, et donc impropre à la consommation. Elle ne peut plus boire l’eau du robinet, mais l'utilise pour d'autres usages. Beverly Morris doit désormais s’approvisionner en eau en bouteille ou transporter manuellement de l’eau propre. Le centre de données de Meta se situe à 400 mètres de son porche.
« Je ne peux pas vivre dans ma maison si la moitié de celle-ci fonctionne et que je n'ai pas d'eau. Je ne peux pas boire l'eau », a-t-elle déclaré. Elle explique qu'elle a dû réparer la plomberie de sa cuisine pour rétablir la pression de l'eau. Mais l'eau qui sort du robinet contient encore des résidus. « J'ai peur de boire l'eau, mais je continue à cuisiner et à me brosser les dents avec. Cela m'inquiète-t-il ? Oui », a-t-elle au journal britannique.
La pression critique des centres de données sur les ressources en eauThis data center uses 50 billion gallons of water in a state that has a drought (5 million gallons dail).
— 𝕻𝖆𝖓𝖓𝖘𝖙𝖎𝖌𝖆𝖙𝖔𝖗 (@hippyresident) April 27, 2026
If you live near it, you listen to this all day! pic.twitter.com/RH6gjpUB42
Beverly Morris s'est installée dans la petite ville de Mansfield, en Géorgie, après sa retraite en 2016. D'après ses dires, elle pensait avoir trouvé son « petit coin de paradis », mais il n'en est plus rien désormais. « C'était l'endroit idéal pour moi. Mais ce n'est plus le cas », a-t-elle déclaré. De son côté, Meta estime que son centre de données n'est pas à l'origine des problèmes rencontrés par Beverly Morris, expliquant que le bon voisinage est une priorité.
Meta dit avoir commandé une étude indépendante sur les eaux souterraines afin d'examiner les préoccupations de Beverly Morris. Selon le rapport, l'exploitation de son centre de données n'a pas eu d'effet négatif sur les conditions des eaux souterraines dans la région. Toutefois, si Meta conteste être à l'origine des problèmes d'eau de Beverly Morris, il ne fait aucun doute, selon elle, que l'entreprise a désormais épuisé ses droits en tant que voisine.
Il y aurait plus de 10 000 centres de données à travers le monde. L'IA étant à l'origine d'une forte augmentation de l'activité en ligne, ce nombre augmente rapidement. Et avec eux, de plus en plus de plaintes de la part des riverains. Selon un rapport du groupe Data Center Watch, 64 milliards de dollars de projets ont été retardés ou bloqués aux États-Unis en raison de nombreuses préoccupations, notamment la pression sur les ressources en eau.
« Ce sont des processeurs très chauds. Il faut beaucoup d'eau pour les refroidir », a déclaré Mark Mills, du National Center for Energy Analytics, lors de son témoignage devant une commission du Congrès américain en avril dernier. De nombreux centres de données utilisent des systèmes de refroidissement par évaporation, où l'eau absorbe la chaleur qui s'échappe et s'évapore - de la même manière que la sueur évacue la chaleur de notre corps.
Lors des journées chaudes, un seul centre de données peut utiliser des millions de litres d'eau. Une étude estime que les centres de données pilotés par l'IA pourraient consommer environ 6 435 milliards de litres d’eau dans le monde d'ici à 2027. Selon les observateurs, peu d'endroits illustrent cette tension aussi clairement que la Géorgie, l'un des marchés des centres de données qui connaît la croissance la plus rapide aux États-Unis et dans le monde.
Son climat humide offre une source d'eau naturelle et plus rentable pour le refroidissement des centres de données, ce qui la rend attrayante pour les promoteurs. Les entreprises affirment que leurs installations respectent des normes environnementales strictes et rapportent des millions de dollars en recettes fiscales locales. Cependant, les experts de l'environnement s'inquiètent de l'impact négatif de la pression croissante sur les ressources en eau.
Les collectivités locales de tous bords sont donc de plus en plus hostiles aux datacentersEveryone knows data centers steal your water and hijack your electricity. Now the American Lung Association says they’re also adding to local air pollution burdens in national health reports.
— Jason Bassler (@JasonBassler1) April 25, 2026
Reason #43,753 to keep them out of your hood. pic.twitter.com/OUp2gJs8dM
Les promoteurs de datacenters doivent faire face à une opinion publique de plus en plus défavorable à l'égard des centres de données. Pour de nombreux Américains, ces installations sont responsables des hausses tarifaires de plusieurs milliards de dollars demandées l'année dernière par les fournisseurs d'électricité. Cette hausse tarifaire s'explique par plusieurs facteurs, dont l'entretien d'un réseau vieillissant, antérieur à l'essor des infrastructures de l'IA.
Toutefois, les centres de données gigantesques pour l'IA sont devenus la tête de Turc dans la crise généralisée de l'accessibilité financière que traverse les États-Unis. L'analyse de l'économiste Nicholas Muller n'est pas la seule à tenter de mettre au jour les coûts cachés de ces installations énergivores.
Selon l'organisation à but non lucratif Piedmont Environmental Council, les émissions générées par un seul centre de données du nord de la Virginie, qui utilise une production d'électricité sur site, pourraient coûter entre 53 et 99 millions de dollars par an en dommages sanitaires. Cette installation est située dans ce qu’on appelle la « data center alley », une agglomération dense d’environ 200 installations dans une région très peuplée de l’État.
Les habitants ont fait part de leurs inquiétudes face à cette expansion massive, invoquant une pollution sonore excessive et des factures d’électricité qui ont augmenté de plus de 250 % dans les quartiers proches des centres de données. La concentration géographique des centres de données fait que des indicateurs tels que les coûts liés à la santé publique ou à l'environnement ont tendance à varier considérablement d'un État (ou région) à l'autre.
Selon Nicholas Muller, la Virginie et le Texas représentent à eux deux environ 30 % des 25 milliards de dollars de coûts de santé liés à cette expansion, ce qui signifie que la forte concentration de centres de données dans ces États est responsable d'une part importante des coûts supportés par la santé publique.
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Les data centers peuvent-ils vraiment devenir « neutres en carbone » alors qu’ils reposent sur une consommation électrique toujours croissante ?
L’industrie du cloud doit-elle être régulée comme les industries polluantes classiques, avec quotas d’énergie et taxes écologiques ?
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