Google a annoncé être prête à lancer son premier satellite expérimental dans le cadre du « projet Suncatcher » le 1er octobre, marquant ainsi une étape importante vers son objectif de construire des centres de données IA orbitaux alimentés par un ensoleillement quasi constant. Ce satellite de la taille d’un réfrigérateur, baptisé MVP, embarquera quatre unités de traitement Tensor (TPU) sur mesure développées par Google et sera lancé à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX dans le cadre de la mission de partage de charge Transporter-18. La mission permettra d'évaluer la résistance des TPU de Google aux forces de lancement, aux rayonnements et aux extrêmes thermiques. Le satellite utilisera des modèles Gemini à des fins de test.En décembre 2025, le PDG de Google, Sundar Pichai, a dévoilé le projet Suncather, un plan visant à construire des centres de données compacts par satellite alimentés par l'énergie solaire directe. L'entreprise vise à déployer ses TPU en orbite d'ici 2027, Pichai suggérant avec humour qu'ils pourraient rencontrer la Tesla Roadster en orbite. Tout en reconnaissant que le concept « paraît fou aujourd'hui », Sundar Pichai a défendu cette initiative ambitieuse en arguant qu'elle est indispensable pour répondre aux besoins immenses et exponentiels de la puissance de calcul future.
Récememnt, Google a annoncé être prête à lancer son premier satellite expérimental dans le cadre du « projet Suncatcher » le 1er octobre, marquant ainsi une étape importante vers son objectif de construire des centres de données IA orbitaux alimentés par un ensoleillement quasi constant. Ce satellite de la taille d’un réfrigérateur, baptisé MVP, embarquera quatre unités de traitement Tensor (TPU) sur mesure développées par Google et sera lancé à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX dans le cadre de la mission de partage de charge Transporter-18. L'engin spatial a été construit en partenariat avec la société d'imagerie satellite Planet Labs.
Annoncé l'année dernière, le projet Suncatcher vise à déterminer si l'espace peut accueillir une infrastructure d'apprentissage automatique évolutive. En orbite terrestre basse, les satellites peuvent capter jusqu'à huit fois plus d'énergie solaire que sur Terre, ce qui pourrait permettre de contourner les contraintes énergétiques auxquelles sont confrontés les centres de données terrestres.
La mission permettra d'évaluer la résistance des TPU de Google aux forces de lancement, aux rayonnements et aux extrêmes thermiques. Google a indiqué que ses TPU Trillium avaient bien résisté aux essais au sol, supportant des doses de rayonnement supérieures à celles auxquelles ils seraient exposés au cours d’une mission spatiale de cinq ans. Le refroidissement reste toutefois un défi majeur. Dans l’espace, il n’y a pas de circulation d’air ; la chaleur doit être dissipée par des radiateurs. La conception de Google combine des caloducs et des radiateurs, mais le système ne peut fonctionner que par intervalles d’environ 15 minutes avant que les TPU ne doivent s’arrêter pour laisser les radiateurs rattraper leur retard.
Le satellite utilisera des modèles Gemini à des fins de test. Les futures conceptions prévoient des grappes de satellites embarquant chacun des dizaines de TPU, communiquant via des lasers à large bande passante. Google prévoit de lancer deux satellites en 2027 pour tester ces liaisons laser. Les experts soulignent que ce concept est encore loin d’être commercialement viable en raison des coûts de lancement élevés et des contraintes techniques. Google a insisté sur le fait que la première mission vise à collecter des données ainsi qu’à repérer et identifier les points de défaillance, et non à présenter un centre de données orbital opérationnel.
Les milliardaires de la technologie rêvent de transférer les centres de données IA en orbite pour pallier les limites énergétiques terrestres. Les experts dénoncent une idée irréaliste, pointant du doigt des défis techniques insurmontables tels que le refroidissement thermique extrême et la protection contre les débris spatiaux. La masse colossale de ces structures dépasserait de loin les capacités de lancement historiques actuelles. De plus, les particules ionisantes présentes dans l'espace risqueraient de corrompre gravement les calculs, provoquant des erreurs informatiques majeures. Selon un ancien ingénieur de la NASA, il s'agit d'une idée catastrophique.
Voici l'annonce de Google :
Dans les coulisses du projet Suncatcher, notre projet ambitieux visant à déployer l’IA dans l’espace
Après des années de recherche, le projet Suncatcher s’apprête à mener son premier test en orbite, avec le lancement d’un prototype de satellite destiné à évaluer les performances des unités de traitement Tensor (TPU) de Google dans l’espace.
Annoncé l’année dernière, le projet Suncatcher est un projet de recherche ambitieux à long terme visant à déterminer si l’espace pourrait un jour accueillir une infrastructure d’apprentissage automatique évolutive. En orbite terrestre basse, les satellites bénéficient d’un ensoleillement quasi constant, ce qui leur permet de produire jusqu’à huit fois plus d’énergie solaire que sur Terre. À terme, il pourrait être possible de relier entre elles plusieurs constellations de satellites, leur permettant ainsi de gérer des charges de travail d’IA plus importantes depuis leur orbite.
Les grandes avancées naissent lorsque l’on part de l’objectif final pour remonter en amont. Dans notre cas, il s’agit de garantir que les avantages considérables de l’IA dans des domaines clés, de la santé aux découvertes scientifiques, puissent profiter à tous, loin dans l’avenir. Tout comme les premières recherches sur la conduite autonome et l’informatique quantique ont nécessité des années d’expérimentation avant d’aboutir à des systèmes opérationnels, l’exploration du calcul dans l’espace commence par des étapes mesurées et réfléchies.
Pour concrétiser cette idée, il faut commencer par se poser une question fondamentale : notre matériel d’IA peut-il fonctionner dans l’espace ? Cette mission initiale, embarquée à bord de la prochaine mission de partage de charge Transporter-18 avec SpaceX, a été développée en partenariat avec Planet. Elle est conçue pour recueillir des données en orbite sur la manière dont nos TPU gèrent les contraintes physiques du vol spatial ainsi que les rayonnements et les conditions thermiques extrêmes de l’espace.
Alors que nous nous préparons à un premier lancement d’essai et que nous travaillons à la réalisation de notre prochaine étape importante en 2027, l’équipe du projet Suncatcher a évoqué ce que nous espérons apprendre et les obstacles techniques à surmonter dans une nouvelle série de vidéos explorant les aspects scientifiques de la mission.
Survie du matériel
Un voyage en fusée vers l’orbite terrestre basse dure environ 10 minutes, pendant lesquelles le vaisseau spatial subit des vibrations intenses et des accélérations soutenues pouvant atteindre 10 fois la force de gravité, ou force g. Certains composants, tels que les puces TPU, peuvent être soumis à des forces encore plus importantes, allant jusqu’à 50 à 100 g. L’équipe a réalisé des essais de vibration en secouant violemment le satellite sur les trois axes afin de reproduire les fréquences d’un lancement de fusée. Ce genre de tests se déroule rarement comme prévu ; nous avons donc été agréablement surpris de constater que le matériel avait résisté à ces forces.
Une fois que les puces TPU sont dans l’espace, le niveau de rayonnement à l’extérieur de l’atmosphère terrestre représente un autre défi à surmonter. Les événements solaires et les rayons cosmiques peuvent causer des ravages sur les composants électroniques ; notre équipe a donc testé les TPU dans une installation de faisceaux de protons au Crocker Nuclear Laboratory de l’université de Californie à Davis, tout en exécutant des charges de travail d’IA. Au cours du test, nous avons surveillé de près l’impact d’erreurs, telles que les inversions de bits, sur nos charges de travail. Les premiers résultats ont montré que nos TPU Trillium résistent remarquablement bien et peuvent supporter une dose ionisante totale supérieure à celle qu’ils recevraient au cours d’une mission spatiale de cinq ans.
Mais certains aspects ne peuvent être testés que dans l’espace. La mise en orbite de nos premiers TPU la semaine prochaine nous permettra de recueillir des données et des enseignements utiles pour les futurs lancements.
Le refroidissement dans l’espace
Le refroidissement des centres de données orbitaux constitue un défi de recherche crucial. Les TPU génèrent une grande quantité de chaleur dans un espace restreint, qui doit être dissipée en toute sécurité, sans quoi les puces risquent de surchauffer. Or, dans l’espace, il n’y a pas de circulation d’air. Dans le vide, la chaleur ne peut être dissipée que par des radiateurs, ce qui nécessite une approche totalement différente du refroidissement des composants électroniques.
Nous travaillons actuellement sur plusieurs approches différentes, notamment une...
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